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Un Voyage Initiatique - Intro 3

Un Voyage Initiatique - Intro 3

Etape danoise

2006. C’est une vieille Renault 19 à bout de souffle et chargée à bloc qui me conduit sans encombres jusqu’à Aarhus, au Danemark.

Je viens rejoindre Kriztiina, rencontrée quelques mois plus tôt à Sanbol sur le Camino. Nous sommes tombés amoureux.

Les années passent et après un périple de quelques mois en Inde et la naissance de notre fille en 2009, un nouveau chapitre s’ouvre. J’entreprends une formation de deux ans en “Healingsmassage” à Copenhague. J’y découvre de nouveaux outils de guérison : méditation en pleine conscience - alors très à la mode -, équilibrage énergétique des chakras, Programmation Neuro Linguistique, ainsi que des techniques approfondies de massage.

Kasha, notre enseignante et thérapeute, nous pousse à plonger au plus profond de nous-même. Thérapie individuelle, travail en groupe : durant deux ans l’introspection est intense et les prises de conscience se succèdent. Secoué et comme mis à nu j’apprends à identifier certains mécanismes obsolètes (et néfastes) encore actifs dans mon comportement.

Mais tous ces comportements ne se règlent pas pour autant et l’ombre regagne du terrain. Fin 2012, mon chemin se trouble et devient brumeux. Ma flamme vacille, la sève se fige et les feuilles tombent.

La dépression m’envahit, encore. Les pensées sombres prolifèrent et m’étouffent.

Dans un élan de survie, je fais le vide. Je plaque tout : le Danemark, ma fille, mes études de médecine chinoise à peine commencées, mon travail en clinique d’acupuncture et de massage.

Retour aux sources

2012. De retour en France. Anéanti.

Je retrouve ma langue, ma culture, mes racines. Un besoin très fort de boucler la boucle commence à se faire sentir. Clôturer un cycle pour en ouvrir un autre.

Direction Compostelle, une seconde fois. Sans argent ce coup-ci. La magie du Camino est intacte et me soulage peu à peu des pensées obscures. Pour financer ce pèlerinage, j’improvise : une ardoise offerte par l’alchimiste de Navarrenx pend à mon sac-à-dos. Elle indique : “Massages en libre participation”.

Après quelques semaines c’est l’arrivée à Santiago. Poussée jusqu’à Fisterra. Puis retour à la réalité.

Mon corps s’est apaisé et mon esprit s’est éclairci. La marche vers l’Ouest m’a ancré à nouveau vers une terre de promesses.

Un nouvel objectif se profile : apprendre la médecine chinoise. Je trouve une école sérieuse à Genève. Tout s’aligne : une ancienne collègue de travail maintenant directrice d’agence à Courchevel m’embauche pour la saison d’hiver 2013/2014. Le poste évolue en CDI et l’année suivante je commence les études.

Je trouve ce que je cherchais depuis longtemps : une approche empirique, enracinée dans l’observation du Tout, respectueuse des cycles de la vie. La médecine chinoise replace l’humain dans un contexte vivant et dynamique, et elle s’appuie sur ce contexte pour comprendre et traiter les mécanismes pathologiques.

Médecine chinoise

Les études sont passionnantes, et sous les encouragements de mes professeurs je commence à pratiquer le tuina et l’acupuncture. Mon travail à la banque me plaît de moins en moins et je finis par le quitter définitivement courant 2016 pour m’installer en tant que thérapeute.

Cependant l’équilibre est fragile. Les finances se tendent et l’incertitude s’immisce dans mon quotidien. Je mets mes études entre parenthèses, une pause d’un an. Quand je reprends, mon enthousiasme est émoussé et je ne me présente pas aux examens finaux.

J’ai l’impression de dégringoler encore une fois.

La période Covid et confinement finit par enfoncer le clou. Je n’ai plus de patients ni de motivation. Je mets alors un terme à mon activité de masseur et reprends un travail alimentaire. Les jours passent, puis les mois. Ma vision de la vie se voile. Je perds le sens des choses, tout me paraît terne. Je ressens un manque de profondeur, de bienveillance et d’authenticité dans mes relations.

La plante en moi est-elle encore vivante ?

Cet article est sous licence CC BY 4.0 par l'auteur.